Review de

Claire Beghin

Tout est parti d’une couverture, nouée autour du cou comme une écharpe. Puis tirée sous les épaules et sur le buste pour créer une tension autour du corps. La collection qui défilait hier soir sur les rives de l’Hudson, dans un bâtiment aux lignes asymétriques signé Frank Gehry, est la plus sexy qu’on ait vu chez Proenza Schouler ces dernières saisons. Les lignes sont affutées, les robes et les jupes raccourcies, il y a du cuir, des cuissardes, du satin et beaucoup de peau. Lazaro Hernandez et Jack McCollough évoquaient la force et la protection. Et Dieu sait comme une mini-robe en cuir parfaitement moulée peut faire office d’armure.

Sur la moitié des silhouettes, un manteau croisé était tiré sur une épaule, dénudée, dans un mouvement asymétrique. Portés normalement, ils feront de parfaites pièces oversized pour l’hiver prochain; du modèle court en prince de Galles au duvet bleu lavande, comme une couette légère, il y en a pour tous les gouts. Des robes courtes en cuir ou en maille côtelée - probablement ce que le duo sait faire de mieux - étaient portées avec des cuissardes froncées à bouts carrés, des escarpins pointus ou des tongs matelassées. De la slip-dress à la robe chemise, toutes les pièces étaient comme tordues et tirées dans le biais, pour une silhouette plus aiguisée.

Le plus intéressant était les jeux de drapés. Le col d’une robe foulard passait dans un large collier doré, un velours moiré était froncé dans un empiècement métallique qui ajourait la hanche d’une robe. Il ne serait pas étonnant qu’on voie beaucoup ce type de fronces cette saison. Notamment chez les jeunes créateurs, qui travaillent une mode toute en tension et en drapés radicaux, qui parle de sexy et de confiance en soi. Hier soir, Lazaro Hernandez et Jack McCollough ont prouvé qu’ils ont encore beaucoup à apprendre à cette nouvelle garde.