Review de

Claire Beghin

Au Grand Palais ce matin, des îlots blancs soulignés de noir étaient posés sur un sol en miroir, sur lequel était diffusée une épaisse fumée blanche. On pensait à Dubuffet, à la banquise qui fond, et bien sûr, au célèbre escalier de la rue Cambon. Les mannequins marchaient, à l’aise, parfois discutant bras dessus bras dessous, dans des tenues décontractées en noir et blanc, avec quelques touches de rose pale et de vert amande. « Des sentiments mais pas de froufrous » affirmait Virginie Viard, qui en guise de bande-son a choisi des musiques de films : Les choses de la vie, de Claude Sautet, ou Peau d’Âne par Michel Legrand. Elles évoquait aussi Les Biches, de Claude Chabrol, et ses parisiennes « aussi féminines qu’amazones ».

Avec ses mini shorts et ses blouses en guipure, ses robes souples à manches gigot et ses pantalons de survêtement à plis ouverts sur les mollets, et parfois jusqu’aux cuisses, Virginie Viard allège considérablement la silhouette Chanel. Elle lui donne de la souplesse. Pour la première fois, la veste tailleur se ferme avec des boutons pression. Elle est portée avec des jupes fendues, ou matelassée comme une doudoune. Un motif de croix revient régulièrement, sur le col d’un foulard noué comme une cravate, brodé sur un pull ou sur des bijoux en pierres, imposants. Des sautoirs s’accumulent sur un débardeur blanc porté avec une jupe à franges, certains mannequins portent de grosses chaines aux deux poignets, on pense au Chanel des années 1990.

Et toutes les filles portent des bottes à revers. On pense tout de suite aux bottes de sept lieux, Virginie Viard le confirmera dans le texte du défilé. Un clin d’œil à une photo de Karl Lagerfeld. Dans les contes de Perrault, elles s’adaptent à celui qui les portent, et permettent de parcourir plusieurs kilomètres en une seule enjambée. Virginie Viard parle de liberté, d’énergie, d’un « désir absolu ». De Gabrielle Chanel, finalement. Mais pour notre époque. « J’aime tellement Chanel, cette collection ne pouvait être qu’une nouvelle ôde. »

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