Review de

Claire Beghin

Plutôt que de faire défiler sa ligne homme le mois dernier, pendant la Fashion Week masculine, Hedi Slimane a présenté ce soir une collection entièrement unisexe, place Vauban, applaudie par les stars fidèles du premier rang dont Isabelle Huppert, Asa Butterfield, Carla Bruni et Clara Luciani. On le sait, le créateur a l’habitude de rester fidèle à une seule et même vision - chez Celine, celle de la bourgeoisie parisienne des années 1970. Quel que soit leur genre, ce soir les mannequins partageaient donc le même vestiaire, tiré au cordeau. Filles et garçons portaient les exactes mêmes blouses en soie, manteaux en cuir, jeans flare et pantalons en velours, matière qui dominait la collection et qu’on trouvait aussi sur de petites vestes brodées à la main, des capes et des manteaux. Les garçons portaient des Chelsea boots avec un talon très marqué, cinq centimètres au moins.

Depuis les jupes-culottes, l’une des signatures de ses collections Celine, jusqu’aux sacs à main (cette saison Hedi Slimane réintroduit le sac Sulky, un modèle de 1966), la collection évoque à la fois la bourgeoisie et un idéal de la jeunesse rock des années 2000, celle qui s’inspirait des années 1960 et 1970 pour s’habiller et cherchait inlassablement dans les friperies parisiennes la veste en cuir vintage parfaite, le manteau un peu dandy ou la petite robe brodée. On trouve tout ça chez Celine, dans des coupes cette saison plus affûtées. Les jupes-culottes sont plus courtes et plus près du corps, les manteaux encore un peu plus fittés.

Dans les détails (il faut toujours, chez Hedi Slimane, regarder les détails), la collection paraissait presque plus intime que d’habitude. Les notes du défilé indiquaient « À ma mère ». La maison lance une ligne de bijoux, Les cristaux Celine, des pièces uniques taillées dans des cristaux choisis pour leurs significations symboliques. Elle a également collaboré avec la Fondation César sur une série de bijoux compressés en argent et vermeil, en édition limitée. Un clin d’oeil à l’artiste compresseur, qui dans les années 1970 a travaillé une série de pendentifs réalisés à partir de bijoux de sa famille et de ses proches. Il y a une idée fétiche là-dedans. Comme dans la mode d’Hedi Slimane, des obsessions qui reviennent encore et encore. En guise de bande-son, la musicienne française Sofia Bolt répétait, inlassablement, « How many fucking dreams must I have about you ? »

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