Review de

Claire Beghin

« C’est à Florence que tout renait » déclaraient Domenico Dolce et Stefano Gabbana en note d’accompagnement du défilé Alta Moda (haute couture) qui clôturait, la semaine dernière, trois jours d’événements mode organisés dans la capitale toscane. Ils rappelaient que la ville fut le berceau de la Renaissance, mais également celui de la haute couture italienne, dont le premier défilé eut lieu en 1951. Une métaphore on ne peut plus optimiste à l’heure où, en pleine crise du Covid-19, la mode et ses systèmes de présentation sont plus que jamais appelés à se réinventer.

C’est donc dans les jardins de la Ville Vardini, avec ses vastes bois, son verger et sa vue panoramique sur la ville, que les deux couturiers ont fait défiler 89 silhouettes haute couture, inspirées des lieux et de l’héritage artisanal florentin. 89 silhouettes faites de brocard, de soie, de velours, de dentelle, de paille et de raphia, clin d’oeil à la végétation des jardins dont le grand escalier de pierre était pour l’occasion bordé de massifs de fleurs. Dolce et Gabbana se sont également intéressé aux proportions de l’architecture florentine pour imaginer des robes, tailleurs et manteaux dans des drapés sculpturaux et des volumes précisément étudiés. Embellies de fleurs brodées, de motifs d’acanthes dorées à la feuille d’or ou de juxtapositions de tissus rebrodés de perles et de cristaux, elles évoquaient les mosaïques de marbre et les volumes du Duomo et du Palazzo Vecchio.

Pour sa première collection haute couture entièrement réalisée dans ses ateliers, le duo a constitué une équipe de jeunes artisans spécialisés dans différentes techniques de couture et de broderie, réaffirmant encore sa démarche de conservation et transmission du savoir-faire couturier local, toujours au coeur de leur processus créatif. Un rappel, également, que les périodes incertaines sont propices aux nouveaux élans artistiques, comme le rappelait le maire de la ville Dario Nardella, en ouverture du défilé homme présenté par la marque deux jours plus tôt, qu’il a inauguré avec ces mots : « Ici à Florence, la peste bubonique a fait émerger de nouvelles façons de penser l’art, la science, la philosophie… Florence n’est pas qu’un centre du passé, mais aussi du présent et de l’avenir. »

Défilé

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